Qu’est-ce qui change pour l’éclairage avec le référentiel Clef Verte 2027-2031 ?
La Clef Verte, premier label de tourisme durable pour les hébergements et la restauration, adopte pour ses candidatures à partir de 2027 un référentiel aligné sur le cadre international Green Key, avec des adaptations françaises. Sur l’éclairage, le changement est moins une question de nouveaux sujets que de précision : là où la grille 2026 demandait « 75 % d’ampoules économes dont 50 % de LED », le nouveau texte fixe un seuil unique de 80 % de LED ou technologie au moins aussi performante, et décrit exactement ce que l’auditeur contrôle.
| Critère | Exigence | Qui est concerné | Ce que l’auditeur vérifie |
|---|---|---|---|
| 4.14 Ampoules | ≥ 80 % de LED ou équivalent, classées économes (étiquette énergie, classes A à D) | Tous établissements (impératif) | Inventaire des ampoules par type ou factures, puis échantillonnage : hall, restauration, salle de réunion, couloir, local du personnel, chambres |
| 4.24 Régulation intérieure | Détecteur, minuterie ou gradation sur chaque luminaire des couloirs, escaliers et toilettes publiques | Impératif : hôtels, résidences, auberges, campings, villages vacances, restaurants. Conseillé : petits hébergements, centres de conférences, musées | Liste des systèmes (PIR, ultrasons, minuterie, pilotage intelligent) et contrôle sur place |
| 4.15 Éclairage extérieur | Extinction en journée, décoratif éteint aux heures creuses, allées sur capteurs ou minuteries | Tous établissements (impératif) | Types de commandes et emplacements dans les espaces extérieurs |
| 4.3 Espaces inoccupés | Extinction de l’éclairage des chambres et salles de réunion inoccupées, par procédure écrite ou automatisme | Hôtels, résidences, campings, centres de conférences (impératif) | Procédure écrite ou présence d’un système automatique en chambre et salle de réunion |
Quelles ampoules comptent dans les 80 % de LED exigés par la Clef Verte ?
Seules les LED, ou une technologie qui les égale en efficacité énergétique, en efficacité lumineuse et en durée de vie, entrent dans le calcul. En France, le référentiel renvoie à l’étiquette énergie en vigueur : les références classées de A à D sont acceptées. Les lampes à incandescence, halogènes et fluocompactes ne satisfont pas le critère et doivent être progressivement remplacées. Le complément français précise que la tolérance de 20 % ne peut pas servir à conserver des halogènes, dont la commercialisation est déjà interdite en Europe.
La classe se lit sur l’étiquette énergie européenne en vigueur depuis le 1er septembre 2021 (règlement UE 2019/2015). Elle dépend uniquement de l’efficacité lumineuse, en lumens par watt, et l’échelle a été volontairement placée très haut :
| Classe | Efficacité lumineuse | Comptée dans les 80 % Clef Verte ? |
|---|---|---|
| A | 210 lm/W et plus | Oui |
| B | 185 à 210 lm/W | Oui |
| C | 160 à 185 lm/W | Oui |
| D | 135 à 160 lm/W | Oui |
| E | 110 à 135 lm/W | Non |
| F | 85 à 110 lm/W | Non |
| G | moins de 85 lm/W (halogènes, fluocompactes) | Non |
Conséquence directe : une LED courante de 10 W qui produit 880 lumens affiche 88 lm/W. Elle est classée F et ne compte pas dans les 80 %. Un établissement qui se croit « 100 % LED » peut donc se retrouver sous le seuil. Pour les spots (GU10, MR16), le calcul applique un coefficient de 1,176 à l’efficacité brute, car seul le flux utile dans le cône est retenu : un spot à 115 lm/W bruts atteint ainsi la classe D. La classe exacte de chaque référence se vérifie dans la base européenne EPREL, accessible par le QR code de l’étiquette.
Le périmètre est large : chambres, hall, restaurants, espaces de conférence, couloirs et locaux du personnel. En pratique, ce sont les luminaires décoratifs anciens — appliques à culot G9, lampes de chevet, lustres à ampoules flamme ou filament — qui font baisser le taux, bien plus que les plafonds techniques déjà passés en LED.
Les spots et luminaires à LED intégrée sont-ils concernés ?
Le critère parle d’« ampoules », mais il vise en réalité toutes les sources lumineuses installées. Pour la réglementation européenne, la LED intégrée d’un downlight, d’une applique ou d’un ruban est une source lumineuse à part entière. Elle a donc sa propre classe énergétique, déclarée par le fabricant dans EPREL, même si le luminaire lui-même ne porte plus d’étiquette. La lecture la plus sûre avant l’audit consiste à inventorier aussi les luminaires à LED intégrée, avec la classe EPREL de leur source. Un luminaire ancien dont la LED intégrée est en E ou F ne se « relampe » pas : c’est le luminaire entier qu’il faut remplacer, d’où l’intérêt de l’anticiper dans le budget.
Où faut-il installer des détecteurs de présence pour la Clef Verte ?
Le critère 4.24 porte sur les espaces publics et réservés au personnel, et il se lit luminaire par luminaire, pas zone par zone. En France, il est impératif pour les hôtels, résidences de tourisme, auberges de jeunesse, campings, villages vacances et restaurants dans trois lieux précis : les couloirs et escaliers menant aux chambres et les toilettes ouvertes à la clientèle, dès que c’est sûr, autorisé, techniquement et financièrement possible. Quatre solutions sont acceptées : détecteur infrarouge passif, détecteur à ultrasons ou double technologie, minuterie, ou abaissement automatique de l’intensité lorsque l’espace est vide.
Deux exclusions importantes : l’éclairage de sécurité (BAES) n’est jamais concerné, et dans un immeuble de grande hauteur, l’éclairage minimal réglementaire ne peut pas être mis sous détecteur. Si une commission de sécurité ou un bureau de contrôle déconseille la régulation, ses préconisations écrites sont versées au dossier.
Dans un couloir d’hôtel, la gradation (abaissement à 10-20 % puis remontée au passage) est souvent préférable à l’extinction totale : le client ne sort jamais dans le noir, et l’ambiance reste cohérente la nuit. C’est un choix de conception qui se prévoit dès le choix des drivers, c’est l’un des arbitrages traités dans l’offre Conseil Éclairage de La Boutique de l’Éclaireur.
Comment gérer l’éclairage extérieur pour respecter le critère 4.15 ?
L’adaptation française est explicite : éclairage extérieur éteint en journée, éclairage décoratif éteint pendant les heures creuses (réception fermée, aucune animation, aucune arrivée autonome attendue), et éclairage des allées régulé par capteurs ou minuteries. Le référentiel rappelle aussi l’obligation légale d’éteindre enseignes et publicités lumineuses entre 1 h et 6 h (article R581 du code de l’environnement), sauf activité en cours.
Il encourage enfin une conception respectueuse de la biodiversité : flux orienté vers le bas, faible intensité, température de couleur inférieure à 3000 K. Le complément français sur la biodiversité signale en outre que les luminaires émettant plus de 50 % de leur flux au-dessus de l’horizontale, comme les boules lumineuses, sont à supprimer.
Les chambres doivent-elles être équipées de détecteurs ?
Non, ce n’est pas exigé. Le critère 4.3 accepte une procédure manuelle écrite : extinction des lumières et des appareils dans les chambres et salles de réunion inoccupées, et regroupement des clients sur certains étages en période de faible occupation. Les systèmes automatiques (détecteurs, gestion des chambres, carte-clé) sont acceptés et encouragés, mais une procédure bien appliquée par les équipes d’étage suffit à valider le critère.
Comment préparer l’audit Clef Verte côté éclairage ?
- Faire l’inventaire des sources par espace et par type (LED, fluocompacte, halogène), avec classe énergétique : c’est la pièce demandée pour le critère 4.14.
- Cartographier les commandes des couloirs, escaliers et toilettes publiques : quel luminaire est sur détecteur, minuterie ou allumage permanent.
- Relever l’éclairage extérieur : horaires, commandes, température de couleur, luminaires à flux montant.
- Chiffrer le remplacement des sources non conformes en tenant compte de la gradation, du rendu des couleurs et du confort visuel — la Clef Verte évoque d’ailleurs la réduction de l’éblouissement comme mesure d’accessibilité pour les personnes malvoyantes.
- Traiter les ampoules déposées comme déchets dangereux pour les fluocompactes et tubes fluorescents, avec traçabilité sur Trackdéchets.
Pour la mesure des niveaux et la vérification du confort visuel après relamping, l’étude d’éclairement permet de s’assurer que le passage aux LED et aux détecteurs ne dégrade pas l’ambiance. La logique du diagnostic préalable est détaillée dans notre article sur l’audit éclairage, et les questions d’éblouissement dans celui consacré à l’indice UGR.
Dans quels cas La Boutique de l’Éclaireur n’est-elle pas le bon interlocuteur ?
Si votre établissement n’a qu’une dizaine d’ampoules standard à remplacer à l’identique, un électricien ou un grossiste de proximité sera plus rapide et moins coûteux. De même, le montage du dossier Clef Verte lui-même (plan d’action, suivi mensuel des consommations, bilan carbone) relève de l’équipe Clef Verte et des outils de pilotage énergétique. La Boutique de l’Éclaireur intervient quand l’éclairage doit rester conforme et beau : luminaires décoratifs à remplacer sans perdre le style, gradation à préserver, extérieur à revoir sans éteindre la façade, sourcing de références équivalentes chez plus de cinquante fabricants européens.
Questions fréquentes
Les ampoules fluocompactes comptent-elles dans les 80 % de la Clef Verte ?
Non. Le référentiel exclut explicitement les ampoules à incandescence, halogènes et fluocompactes. Seules les LED ou une technologie au moins équivalente, classées A à D sur l’étiquette énergie en France, sont prises en compte.
Quelle efficacité lumineuse faut-il pour la classe D ?
Au moins 135 lumens par watt pour une ampoule standard sur secteur. En dessous, la source passe en classe E, F ou G et ne compte pas dans les 80 % exigés par la Clef Verte.
Les spots et luminaires à LED intégrée comptent-ils dans les 80 % ?
Leur LED intégrée est une source lumineuse avec sa propre classe énergétique, déclarée par le fabricant dans la base EPREL. Il est prudent de les inclure dans l’inventaire avec cette classe, car une LED intégrée en E ou F impose de remplacer tout le luminaire.
Les blocs de secours (BAES) doivent-ils être sur détecteur ?
Non. Le critère 4.24 ne s’applique jamais à l’éclairage de sécurité. Dans un immeuble de grande hauteur, seul l’éclairage normal de fonctionnement peut être régulé, pas l’éclairage minimal.
Un gîte ou une chambre d’hôtes est-il concerné par les critères éclairage ?
Oui pour le seuil de 80 % de LED (4.14) et l’éclairage extérieur (4.15), qui sont impératifs pour tous. La régulation des espaces communs par détecteurs (4.24) n’est que conseillée pour les petits hébergements.
Quelle température de couleur choisir pour l’éclairage extérieur ?
Le référentiel recommande une température inférieure à 3000 K, un flux orienté vers le bas et une faible intensité, en particulier près des habitats naturels, pour limiter la pollution lumineuse.
Depuis quand le nouveau référentiel Clef Verte s’applique-t-il ?
Le référentiel adapté pour la France couvre la période du 1er octobre 2026 au 31 décembre 2031 et sert de base aux candidatures et renouvellements à partir de 2027.
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